« J’ai planté des graines et un jour les fleurs ont poussé. » Née à Marseille, Lalie Ferriol pourrait se cacher derrière cette métaphore et nous laisser penser que c’est la chance ou la lumière du Sud qui ont récompensé ses efforts. En vérité, cette jeune comédienne de 18 ans, élève au Cours Florent Montpellier, est une passionnée et une travailleuse, qui est allée chercher très jeune les opportunités. Son optimisme n’est pas un simple détail de sa personnalité : c’est une méthode. Nous l’avons rencontrée.
Très tôt ! Mes parents m’ont inscrite dans une compagnie amateur quand j’étais au collège à Alès. J’ai fait mon lycée à Montpellier. Là, le théâtre est devenu une option puis une spécialité. Très vite, j’ai ressenti de la frustration : il y avait les maths, l’histoire, les cours… mais je voulais faire du théâtre à plein temps !
Alors, je me suis mise à passer des castings, que j’allais chercher toute seule, sur les réseaux sociaux principalement. J’ai commencé en Seconde, jusqu’à atteindre le rythme de trois castings par mois ! Il y a eu plein de refus, qui ne m’ont jamais freinée, qui m’ont au contraire permis de cultiver mon insouciance, mon optimisme, qui m’ont appris à me détacher et à devenir imperméable.
Oui, j’aime bien ce mot. C’est un conseil que je pourrais donner : l’imperméabilité. C’est une protection, contre le découragement et contre les directeurs ou directrices de castings qui, parfois, peuvent être durs. Il faut laisser couler, tout en restant disponible, c’est-à-dire être prêt à jouer devant n’importe quel genre d’individu, sympa ou moins sympa, accepter les retours, ne pas se froisser, avancer.
Oui, j’aime bien demander la valeur de plan dans laquelle je suis filmée pendant un casting. J’adapte ainsi ma proposition au cadre.
L’été entre ma Seconde et ma Terminale, je me suis inscrite à un stage, qui m’a beaucoup plu. Mais il m’en fallait plus pour me décider. La Journée Portes Ouvertes a été un déclencheur : j’ai adoré l’ambiance, j’ai assisté à quelques représentations d’élèves qui m’ont donné envie d’en être. Je me projetais !
Quelques semaines après ma rentrée, Sophie Nardonne, une directrice de casting que j’avais rencontrée pendant mes castings à l’époque du lycée, m’a recontactée. J’étais entrée dans sa base de données et elle pensait à moi pour le rôle d’Alice, 14 ans, dans Une place au soleil.
Sophie Nardonne m’a dit qu’elle voyait une évolution dans ma façon de proposer des choses, j’étais plus disponible. Et c’est vrai que j’avais appris à fond mon texte, mais sans intentions, justement pour adapter mes propositions en fonction des directions qu’elle me donnerait. Je sentais que le début de ma formation au Cours Florent m’aidait déjà à développer, comment dire… mon ouverture d’esprit !
Oui, la directrice de casting m’avait demandé de rester pour donner la réplique à un comédien, Olivier Moreno, qui est un camarade du Cours Florent. Je me souviens, on est rentré ensemble et on se disait « imagine si on était pris ensemble ! Ça n’arrive jamais ce genre de trucs ». On a eu le rôle et en janvier, on était frère et sœur sur ce tournage !
J’ai découvert que sur un tournage, il y a beaucoup de monde ! La première scène que je tournais, c’était la plus intense en émotion et il y avait 60 personnes autour de moi ! Alors, il fallait à la fois que je sois observatrice, c’est-à-dire que je posais des questions aux techniciens pour comprendre comment fonctionnent les outils avec lesquels j’allais travailler, tout en restant concentrée pour pouvoir, au milieu de tout ce monde, écouter les directions de Laly Vanucci la réalisatrice. On répétait une fois, puis on faisait une « répétourne », autrement dit une répétition en tournant, pour tester des choses, et quand tout était calé, on y allait !
Oui, j’avais le droit de proposer des choses pour nourrir mon personnage. Je me souviens d’une scène qui se passe dans une voiture avec ma mère (Béatrice de la Boulaye) et mon frère (Olivier Moreno). Dans un moment d’improvisation, j’ai appuyé sur la dispute, le ton est monté avec le personnage de mon frère, ce qui fait que Béatrice a réagi spontanément en nous demandant de nous calmer, c’était pas dans le scénario mais c’était hyper naturel. C’était différent et c’était intéressant !
Tous ! J’ai adoré l’effet colo, l’équipe était magnifique, gentille et passionnée, ils me manquent !
Le pire moment était aussi le plus drôle ! C’était quand nous tournions à Saint-Jean-de-Cuculles. Avec Olivier, on avait envie d’aller voir le lever du soleil alors on a couru dans une herbe qui était en fait pleine de boue, avant de nous apercevoir que nous avions nos costumes, des chaussures beiges qui ne l’étaient plus.. La costumière a levé les yeux au ciel mais elle a été très cool !
Me concentrer sur les cours, sur l’école, qui m’ont manqué, continuer les projets avec les copains. Et mon échéance de demain. Après trois mois d’alexandrins… je suis prête !
Propos recueillis par Géraldine Cirot en mai 2026.